Blackbird Blackbird Blackberry – ces mûres que la femme grapille et mange, plaisir gourmand, et cet oiseau noir prenant son envol dans l’immensité du ciel, messager de mauvais augure ?
C’est l’histoire de toute une communauté villageoise et de toute une vie solitaire. Le récit relève d’un huis clos auquel trois événements confèrent une structure narrative remarquablement architecturée.
Un village géorgien, souvent harassé de pluie et ses commères vipérines qui constituent le pôle narratif (ou le chœur, sur le modèle antique) autour duquel circule Ethéro. Grande femme au regard grave, fin de la quarantaine, elle est paradoxalement fort utile au sein de la communauté avec le modeste magasin de produits de beauté et de nettoyage qu’elle tient. On repère un des nombreux traits avantageux du scénario qui instille humour et nuances à l’histoire : se maquiller et faire le ménage assure une image polie de la vie quotidienne. Mourmane, accompagné d’un jeune collègue, entre dans le magasin, il livre des marchandises et aligne les paquets sur une étagère. Peu de mots sont échangés, et pourtant… Il revient seul. La construction de l’espace est rigoureuse, les cadres établissent de façon exemplaire des distances et proximités entre les personnages en fonction de la circulation de leurs affects. Soudainement, intensément, elle et lui s’aiment à même le sol du dépôt du magasin. L’effusion amoureuse est émouvante, rendue avec une pudeur attentive, délicate.
Elene Naveriani donne la mesure charnelle de cette rencontre condamnée à rester clandestine. L’homme est marié et les commères auraient tôt fait d’animer leurs bavardages. D’autant qu’Ethéro est connue pour être une célibataire résolument indépendante. Histoire de désirs enfouis révélés à eux-mêmes. Il y a ce plan exceptionnel d’Ethéro prenant une douche – sa belle présence en toute sa nudité est secrètement émouvante. Elene Naveriani sait la regarder avec une tendresse intense dans ce plan pudiquement distancié. Ce personnage a une prestance lumineuse, âme et corps réunis. En filigrane de ce premier événement de sensualité amoureuse, nous rencontrons les copines d’Ethéro et surtout un couple de jeunes femmes amies, émancipées de la bien pensance de vies étriquées et confites dans des valeurs patriarcales érodées.
L’ultime plan du film, à l’appui d’un léger travelling, place face à la caméra son beau visage grave et ému. Point final d’une mise en scène sobre rendue à l’essentiel de sentiments écorchés dans les rets d’une société percluse de frustrations.
C’est l’histoire de toute une communauté villageoise et de toute une vie solitaire. Le récit relève d’un huis clos auquel trois événements confèrent une structure narrative remarquablement architecturée.
Un village géorgien, souvent harassé de pluie et ses commères vipérines qui constituent le pôle narratif (ou le chœur, sur le modèle antique) autour duquel circule Ethéro. Grande femme au regard grave, fin de la quarantaine, elle est paradoxalement fort utile au sein de la communauté avec le modeste magasin de produits de beauté et de nettoyage qu’elle tient. On repère un des nombreux traits avantageux du scénario qui instille humour et nuances à l’histoire : se maquiller et faire le ménage assure une image polie de la vie quotidienne. Mourmane, accompagné d’un jeune collègue, entre dans le magasin, il livre des marchandises et aligne les paquets sur une étagère. Peu de mots sont échangés, et pourtant… Il revient seul. La construction de l’espace est rigoureuse, les cadres établissent de façon exemplaire des distances et proximités entre les personnages en fonction de la circulation de leurs affects. Soudainement, intensément, elle et lui s’aiment à même le sol du dépôt du magasin. L’effusion amoureuse est émouvante, rendue avec une pudeur attentive, délicate.
Elene Naveriani donne la mesure charnelle de cette rencontre condamnée à rester clandestine. L’homme est marié et les commères auraient tôt fait d’animer leurs bavardages. D’autant qu’Ethéro est connue pour être une célibataire résolument indépendante. Histoire de désirs enfouis révélés à eux-mêmes. Il y a ce plan exceptionnel d’Ethéro prenant une douche – sa belle présence en toute sa nudité est secrètement émouvante. Elene Naveriani sait la regarder avec une tendresse intense dans ce plan pudiquement distancié. Ce personnage a une prestance lumineuse, âme et corps réunis. En filigrane de ce premier événement de sensualité amoureuse, nous rencontrons les copines d’Ethéro et surtout un couple de jeunes femmes amies, émancipées de la bien pensance de vies étriquées et confites dans des valeurs patriarcales érodées.
L’ultime plan du film, à l’appui d’un léger travelling, place face à la caméra son beau visage grave et ému. Point final d’une mise en scène sobre rendue à l’essentiel de sentiments écorchés dans les rets d’une société percluse de frustrations.